Péage poids lourds Belgique : le supplément CO₂ Flandre expliqué
Mis à jour : 1er juillet 2026

Ce guide explique ce qui a changé le 1er juillet 2026, à qui s'applique le supplément CO₂, comment la classe CO₂ est déterminée, les grilles tarifaires complètes par région et comment chiffrer un itinéraire belge avant le départ du camion.
Ce qui a changé le 1er juillet 2026
Le changement principal est précis et ciblé : un supplément lié aux émissions de CO₂ a été ajouté aux tarifs de la redevance kilométrique en Région flamande uniquement. Il s'ajoute, via une nouvelle classe CO₂, au tarif qu'un camion paie déjà pour une route, un poids et une norme Euro donnés.
Trois points méritent d'être distingués, car la plupart des résumés les confondent :
- Le supplément CO₂ ne concerne que la Flandre. La Wallonie (réseau SOFICO) et la Région de Bruxelles-Capitale n'ont pas introduit de supplément CO₂. La Wallonie a ajusté ses tarifs au 1er juillet 2026 et Bruxelles les a indexés, si bien que les tarifs ont bougé dans les trois régions, mais seule la Flandre facture désormais selon la classe CO₂.
- Enregistrez la classe CO₂ de vos camions. Les véhicules qui roulent en Flandre doivent, à partir du 1er juillet 2026, porter une classe CO₂ enregistrée dans l'OBU. Si aucune classe n'est enregistrée, comblez cette lacune dès maintenant avec votre prestataire.
- C'est distinct de l'indexation de janvier. La Wallonie a ajusté ses tarifs d'environ 1,91 % au 1er janvier 2026, conformément à l'indice belge des prix à la consommation. Il s'agissait d'une indexation de routine, et non du changement CO₂ de juillet. La prochaine indexation est prévue au 1er janvier 2027.
Tout le reste de Viapass est resté inchangé : l'obligation d'OBU, les six prestataires accrédités, les trois catégories de poids et la structure des normes Euro.
À qui s'applique le supplément CO₂
Le supplément vise une partie précise du parc. Un camion est concerné lorsque les trois conditions sont réunies :
- Le poids total en charge est supérieur à 3,5 t, le seuil qui définit l'assujettissement à Viapass depuis 2016.
- Le véhicule a été immatriculé pour la première fois le ou après le 1er juillet 2019. Cette date de référence est le détail qui piège beaucoup d'opérateurs. En règle générale, les véhicules immatriculés avant cette date sont automatiquement placés en classe CO₂ 1, la classe de référence.
- Le camion circule sur une route à péage en Flandre.
En pratique, cela concerne presque tout le monde au tarif le plus élevé. Selon Viapass, environ 93 % des véhicules relèvent actuellement de la classe CO₂ 1, et la plupart des camions diesel d'Euro 0 à Euro 6 s'y trouvent. Seuls certains modèles à faible consommation atteignent la classe 2 ou 3, et la classe 5 est réservée aux véhicules zéro émission.
Comment la classe CO₂ est déterminée
La Belgique étend sa classification tarifaire pour inclure une classe CO₂ en plus des dimensions existantes que sont le poids et la norme Euro. Il existe cinq classes, où la classe 1 est la catégorie de référence la moins respectueuse de l'environnement et la classe 5 un véhicule zéro émission. Plus le véhicule est propre, plus le tarif est bas.
Vous ne calculez pas la classe à la main. Viapass met à disposition un calculateur officiel de classe d'émission CO₂ qui renvoie la classe d'un véhicule à partir de ses documents d'immatriculation et de conformité, et le supplément en découle. Un résultat en classe 2 ou 3 est valable six ans après la première immatriculation, puis réexaminé.
Tarifs du péage belge 2026 (grilles complètes)
Les grilles ci-dessous indiquent les tarifs kilométriques Viapass en vigueur à partir du 1er juillet 2026, par région, catégorie de poids et norme Euro. Deux points à garder à l'esprit. D'abord, la classe CO₂ ne modifie le tarif qu'en Flandre, la grille flamande comporte donc des lignes supplémentaires pour les classes CO₂ d'un véhicule Euro 6, tandis que la Wallonie et Bruxelles sont tarifées sur la seule norme Euro. Ensuite, les tarifs wallons sont indiqués hors TVA (la redevance wallonne est soumise à la TVA), alors que la Flandre et Bruxelles constituent une taxe sans TVA.
Wallonie (réseau SOFICO), €/km hors TVA
Flandre (Région flamande), €/km
Région de Bruxelles-Capitale, €/km
Comment fonctionne le péage belge
Si vous découvrez le système belge, voici la structure sur laquelle vient se greffer le changement CO₂. La Belgique prélève depuis le 1er avril 2016 un péage kilométrique sur les camions de plus de 3,5 t, organisé par l'organisme interrégional Viapass dans les trois régions : Flandre, Wallonie et Bruxelles. Ce que vous payez au kilomètre dépend de trois facteurs :
- La région, car la Flandre, Bruxelles et le réseau wallon (SOFICO) fixent chacun leurs propres tarifs et règles.
- Le poids total en charge, en trois catégories : plus de 3,5 t à 12 t, plus de 12 t à 32 t et plus de 32 t.
- La norme Euro, d'Euro 0 (le plus polluant) à Euro 6 (le plus propre).
Une unité embarquée (OBU) est obligatoire et doit être active dès que le camion circule sur une route publique dans l'une des trois régions, pas uniquement sur les tronçons à péage. Six prestataires accrédités délivrent des OBU pour la redevance belge : Axxès, Satellic, Telepass, Toll4Europe, TotalEnergies Marketing Services et W.A.G. Payment Solutions. Circuler sans OBU active expose à une amende pouvant atteindre 1 000 €, et les contrôles s'effectuent aussi bien par portiques à caméras que par des équipes mobiles pouvant arrêter les camions partout sur le réseau.
Comment calculer le coût de péage d'un itinéraire
Avec le supplément, le coût belge au kilomètre dépend d'une variable de plus, qui varie d'un camion à l'autre. Un véhicule récent concerné par le supplément CO₂ Flandre et un plus ancien sur la même voie ne coûtent plus la même chose à router à travers la Flandre. Sur un parc d'âges variés et quelques lignes belges régulières, cela ne s'estime plus à vue de nez : il vaut donc la peine de chiffrer le péage dans l'itinéraire avant le départ.
Dans IMPARGO, vous voyez le péage belge et néerlandais d'un itinéraire en quelques étapes : ouvrez un itinéraire dans le Planner Module, activez le trafic et réglez la date de départ au 1er juillet 2026 ou après, pour que les nouveaux tarifs s'appliquent. Le péage belge apparaît alors dans la barre de résultats à côté des autres pays de l'itinéraire, et le récapitulatif de péage détaille le coût par pays.

Le péage n'est qu'une partie du tableau. IMPARGO calcule le coût de péage par pays dans le cadre de l'itinéraire, la Belgique aux côtés de Toll Collect en Allemagne, du réseau français, d'ASFINAG en Autriche et du reste de l'Europe, et l'intègre au coût total du trajet avec les coûts de véhicule et de conducteur. Depuis le même itinéraire, vous comparez les options selon quatre modes de routage, pour arbitrer entre un trajet par la Flandre et l'alternative avant d'engager un camion :
- Fastest, l'itinéraire le plus rapide en temps.
- Shortest, la distance la plus courte, quel que soit le type de route.
- Cost optimized, le coût total le plus bas entre véhicule, conducteur et péage.
- Avoid toll, un itinéraire contournant les routes à péage là où une alternative réaliste existe.

Une fois le trajet planifié et chiffré, partagez un lien de suivi en direct pour que le client suive le chargement sans téléphoner, et chiffrez la course belge correctement dès le départ. Lorsque les tarifs belges évolueront à la prochaine indexation, le coût de l'itinéraire le reflètera sans recherche manuelle.
Pourquoi la Belgique fait cela
Le supplément CO₂ découle directement de la politique de l'UE. La norme européenne de CO₂ pour les poids lourds impose aux constructeurs de réduire les émissions de CO₂ des camions neufs de 45 % d'ici 2030, un objectif relevé par rapport aux 30 % initiaux, par rapport à une référence de 2019, puis de 65 % d'ici 2035 et 90 % d'ici 2040. Le cadre révisé de l'Eurovignette autorise les États membres à différencier les redevances routières selon la performance CO₂ d'un véhicule, et ajouter une classe CO₂ au tarif est la manière dont la Flandre applique ce principe. Les camions plus propres paient moins, les plus émetteurs paient plus, et le signal de prix oriente le renouvellement du parc vers des véhicules moins émetteurs.
Pour les exploitants, la lecture stratégique est simple : la tendance est à des péages différenciés selon le CO₂ dans toute l'Europe, sur le modèle de pays comme l'Allemagne, l'Autriche et le Danemark. L'âge et le profil d'émission du parc deviennent un levier direct de coût d'itinéraire, et non un simple point de conformité.
Deux changements de péage, une seule date
Le 1er juillet 2026 est un double événement pour quiconque emprunte le corridor Benelux. Le jour même où le supplément CO₂ Flandre est entré en vigueur, les Pays-Bas ont lancé leur péage poids lourds kilométrique, la vrachtwagenheffing, remplaçant l'Eurovignette néerlandaise par une redevance au kilomètre. Si vos camions font la navette entre la Belgique et les Pays-Bas, les deux changements touchent les mêmes lignes en même temps.
Le système néerlandais est un changement bien plus important que le supplément belge, un tout nouveau régime de redevance plutôt qu'une extension tarifaire, avec ses propres règles d'OBU, sa structure tarifaire et une remise temporaire. Si vous roulez vers ou à travers les Pays-Bas, lisez le guide compagnon : Péage poids lourds Pays-Bas 2026 : la vrachtwagenheffing expliquée.
Le changement belge est plus modeste et plus circonscrit, mais la logique sous-jacente, facturer selon la propreté du camion, est la même qui se répand aujourd'hui sur le continent. Garder les coûts d'itinéraire à jour à mesure que chaque pays évolue, c'est ce qui paie dans le devis.
